La récolte des moules consiste à ramener les coquillages dans les ateliers pour les préparer à la vente. Pour cela, les moules trop petites et donc non commercialisables sont écartées.
Depuis au moins l’avènement de la mytiliculture moderne dans les
années cinquante, les professionnels ont toujours remis sur l’estran, leur
milieu naturel, les petites moules.
Dans les bassins naisseurs, ces moules contribuent au
renouvellement des bancs pour pérenniser la ressource.
Ailleurs, comme en Normandie, ces animaux ont pour vertu de
fixer les sédiments pour combattre l’érosion. Ils enrayent l’acidification de
la mer et permettent de fixer les populations de goélands hors des concessions
mytilicoles afin de diminuer la pression de ces prédateurs.
Ces dernières années, beaucoup de nouveaux riverains sont
arrivés sur nos côtes et nous avons commencé à entendre dire que disperser ces
moules sur l’estran n’est plus tolérable.
Face à l’aberration qui consisterait à véhiculer ces animaux
marins hors de leur milieu pour aller les enfouir dans des décharges, la
profession a exploré différentes solutions de valorisation.
Après plusieurs années de recherche et développement, force
est de constater que ces solutions ne sont pas économiquement viables et qu’elles ne pourraient traiter qu’une partie infime des tonnages.
Les mytiliculteurs normands ont donc entamé des discussions
avec la DDTM afin d’adapter au mieux les zones de dépôt sur l’estran. De plus
afin de ne pas gêner les touristes, il a été décidé de broyer ces petites moules
pendant la période estivale pour qu’elles "disparaissent" plus vite.
Aujourd’hui, la saison commence, et nous n’avons toujours
pas d’autorisation officielle pour épandre nos petites moules. Alors que notre
filière est au plus mal, prédatée à outrance par les araignées et les goélands,
dans un contexte économique plus que difficile, les producteurs normands attendent
une réponse claire de l’administration.
Nous souhaitons que sur ce sujet les autorités fassent preuve
de bon sens et de pragmatisme. Stocker ces animaux à terre le temps de leur enlèvement
est complètement utopique. Les moules en putréfaction généreraient pour le coup
une véritable gêne dans toutes les communes du littoral. C’est réellement
méconnaître le produit que de l’envisager.
Nos organisations syndicales se concertent et réfléchissent
à des actions afin de nous faire entendre.