mercredi 3 juin 2026

Les mytiliculteurs normands sont inquiets

 La récolte des moules consiste à ramener les coquillages dans les ateliers pour les préparer à la vente. Pour cela, les moules trop petites et donc non commercialisables sont écartées.

Depuis au moins l’avènement de la mytiliculture moderne dans les années cinquante, les professionnels ont toujours remis sur l’estran, leur milieu naturel, les petites moules.

Dans les bassins naisseurs, ces moules contribuent au renouvellement des bancs pour pérenniser la ressource.

Ailleurs, comme en Normandie, ces animaux ont pour vertu de fixer les sédiments pour combattre l’érosion. Ils enrayent l’acidification de la mer et permettent de fixer les populations de goélands hors des concessions mytilicoles afin de diminuer la pression de ces prédateurs.

Ces dernières années, beaucoup de nouveaux riverains sont arrivés sur nos côtes et nous avons commencé à entendre dire que disperser ces moules sur l’estran n’est plus tolérable.

Face à l’aberration qui consisterait à véhiculer ces animaux marins hors de leur milieu pour aller les enfouir dans des décharges, la profession a exploré différentes solutions de valorisation.

Après plusieurs années de recherche et développement, force est de constater que ces solutions ne sont pas économiquement viables et qu’elles ne pourraient traiter qu’une partie infime des tonnages.

Les mytiliculteurs normands ont donc entamé des discussions avec la DDTM afin d’adapter au mieux les zones de dépôt sur l’estran. De plus afin de ne pas gêner les touristes, il a été décidé de broyer ces petites moules pendant la période estivale pour qu’elles "disparaissent" plus vite.

 

Aujourd’hui, la saison commence, et nous n’avons toujours pas d’autorisation officielle pour épandre nos petites moules. Alors que notre filière est au plus mal, prédatée à outrance par les araignées et les goélands, dans un contexte économique plus que difficile, les producteurs normands attendent une réponse claire de l’administration.

Nous souhaitons que sur ce sujet les autorités fassent preuve de bon sens et de pragmatisme. Stocker ces animaux à terre le temps de leur enlèvement est complètement utopique. Les moules en putréfaction généreraient pour le coup une véritable gêne dans toutes les communes du littoral. C’est réellement méconnaître le produit que de l’envisager.

 

Nos organisations syndicales se concertent et réfléchissent à des actions afin de nous faire entendre.